Le travail, est censé être bon pour la santé, alors pourquoi tous ces cas de burn-out ?

Oui il est sans doute nécessaire de le rappeler, le travail est bon pour la santé.

Avec toutes les informations qui nous entourent nous avons du mal à l’entendre, c’est pourtant une vérité.

Le travail évolue à grande vitesse, souvent on se laisse un peu submerger et du coup on oublie que l’être humain a certes des capacités incroyables d’adaptation, mais qu’il a aussi ses limites.

C’est pourquoi j’ai décidé de me lancer pour vous parler du Syndrome d’Epuisement Professionnel en entreprise. Plus connu sous le nom de burn-out, « BO » ou « SEP ».

Pour qu’on réalise qu’à un moment il faut savoir dire STOP, prendre du recul sur nous, et à terme sur nos organisations, avant que nous nous écroulions tous les uns après les autres.

Qu’est-ce que le burn-out ?

Nous en avons tous entendu parler à moins d’être sur la planète Mars, nous lisons tous des articles dessus, pour certains nous avons été touchés, ou certains de nos proches le sont ou le seront, mais qu’est-ce que c’est au juste ?

Tout le monde dit que cela arrive d’un coup, qu’un matin on ne peut plus se lever …

Oui dans la plupart des cas cela se termine comme ça, sauf si on est capable de réagir à temps, si on connait les signes annonciateurs et qu’on ose les écouter.

Le burn-out n’arrive pas du jour au lendemain il met plusieurs mois à s’installer.

L’objectif est de vous permettre de pouvoir réagir au plus tôt pour ne pas devoir tomber un jour pour le découvrir.

Le Burn-out n’est pas une maladie mais un syndrome d’adaptation.

Herbert J. Freudenberger, en 1980 définissait le burn-out par l’expression : « Brûlure interne ».

 » En tant que psychanalyste et praticien, je me suis rendu compte que les gens sont parfois victimes d’incendie, tout comme les immeubles.  Sous la tension produite par la vie dans notre monde complexe, leurs ressources internes en viennent à se consommer comme sous l’action des flammes, ne laissant qu’un vide immense à l’intérieur, même si l’enveloppe externe semble plus ou moins intacte » (tiré de son livre « L’épuisement professionnel : La brûlure interne »).

Le burn-out n’est pas nouveau, il ne cesse pourtant de progresser depuis les années 70… Cependant il reste une honte, une maladie professionnelle non reconnue donc on le garde sous silence, non visible pourtant il ne cesse de s’amplifier….

L’incendie est pourtant bien là et bien présent …

Il est le résultat d’une interaction entre des facteurs organisationnels, et des facteurs individuels.

L’épuisement professionnel se base sur 3 dimensions :

  • Une dimension émotionnelle qui se traduit par une grande fatigue :
    • être vidé nerveusement,
    • ressentir une intense fatigue psychologique,
    • un ras le bol
  • Une dépersonnalisation qui se traduit par du cynisme et une déshumanisation
    • une attitude détachée, négative voire parfois agressive vis-à-vis d’autrui, en particulier vis-à-vis des collègues ou des clients, voire de sa famille.
    • de nombreuses critiques vis-à-vis de l’organisation, accompagnée de mise à la poubelle de toutes les informations concernant la structure. Vous savez les mails sur la prochaine organisation, la stratégie que l’on met de côté sans les avoir lus on se disant « on verra bien quand il sera temps … »
  • Une diminution de l’accomplissement personnel
    • Une baisse subjective d’efficience : sentiment d’échec et de déclin des compétences.
    • On ne sait plus vraiment dans quelle direction on va cependant on continue.

Les trois dimensions ne sont pas atteintes en même temps et pas toujours dans le même sens, cela dépend de chaque personne. Mais à la fin tout est atteint….

Le burn-out est la résultante d’un individu dans une organisation particulière.

On peut repérer l’avancement de ces atteintes par l’apparition de quelques symptômes que l’on peut regrouper en 5 familles :

Le burn-out est un processus long qui se met en place progressivement il est différent pour tous mais les principales phases sont les suivantes : 

Phase 1 :

Une phase marquée par une augmentation de l’énergie déployée et une fatigue consécutive.

  • Une charge de travail qui devient plus en plus importante : volonté de bien faire, volonté d’aider les autres dans leur travail 
  • Un sentiment de toute puissance 
  • Un investissement personnel dans le travail très important : souvent une sensation de plaisir
  • Un temps qui n’est plus compté, généralement on en fait plus que nécessaire.

Dans cette phase on ne veut surtout pas recevoir de jugement négatif sur son travail donc tout est parfait.

Phase 2 :

C’est un désengagement progressif de son travail : un cynisme s’installe progressivement.

  • Une baisse d’engagement aussi bien envers les clients, (ou les patients) que les collègues, voir l’entourage élargi.
  • Une déshumanisation des autres
  • Un rejet des fautes sur les autres : « c’est parce qu’untel a dit ça… », « c’est à cause de la nouvelle organisation… » et « Ce sont les clients qui ne veulent rien changer… »
  • Une critique continue sur l’ensemble de la société et des gens qui la composent s’installe., avec un certain cynisme.

On parle aussi d’une « démission interne » de la personne. On fait et on dit ce qu’il faut pour plaire aux autres même si au fond de soi on n’en pense pas moins !!

L’objectif à ce stade est d’éviter les réactions négatives.

Phase 3 :

On note une irritabilité et une baisse de l’humeur.

  • Une mise à distance des réactions émotionnelles : on cherche à oublier la déception que l’on a pu avoir sur un changement, sur un collègue ou autre….

La rancœur prend progressivement le dessus. 

Phase 4 :

Les premiers troubles cognitifs apparaissent :

  • La mémoire et la concentration sont affectées,
  • Les premières erreurs commencent à arriver.
  • Une baisse de la motivation, on fait le minimum nécessaire.
  • Une atteinte à la créativité et à la spontanéité peut aussi s’ajouter.

Certaines sphères du vécu vont s’appauvrir en particulier au niveau émotionnel avec un vide intérieur qui se propage au niveau relationnel et social. 

Pendant cette période on lutte un peu pour retrouver le plaisir, on se force à réaliser nos envies mais le cœur n’y est plus vraiment…

Phase 5 :

Les premiers troubles physiques apparaissent :

Les signes somatiques du syndrome vont apparaître : troubles cardio-vasculaires, troubles intestinaux, des douleurs diffuses, des crampes musculaires, des perturbations du système immunitaire, etc.

Phase 6 :

La dernière phase est marquée par le désespoir et des idées noires et suicidaires.

Certains disent qu’ils ont voulu lâcher le volant de leur voiture pour que tout s’arrête tellement ils ne voyaient pas comment s’en sortir.

D’autres se jettent par la fenêtre sur leur lieu de travail…

Heureusement le corps nous fait nous arrêter le plus souvent à la phase 4-5 (qui peuvent être inversées dans leur apparition)

Je partage ces informations non pas pour vous faire peur, juste pour vous expliquer comment il se met en place, car j’aurais aimé le savoir avant d’aller moi-même trop loin.

Le burn-out ne s’installe pas en un jour et il est utile de le savoir. Ces étapes peuvent mettre plusieurs semaines, voire souvent plusieurs années à s’installer donc il est intéressant de les connaitre.

Prendre le temps de se poser quelques questions sur ce qui se passe pour soi est primordial. Malheureusement le déni sur ce syndrome est tellement important que quand on en est atteint on ne veut surtout pas le voir. On se dit que tout va bien, qu’on gère, et que ça va passer… surtout si cela fait longtemps qu’il s’immisce dans son travail.

Connaitre ces phases peut aussi permettre d’alerter un collègue, ou un proche que l’on sent en souffrance. Lui exprimer alors clairement notre inquiétude avec les faits que l’on remarque est alors la première étape.

Quand on doute pour se rassurer on en parle un peu autour de soi, et en conclusion le plus souvent on se dit que c’est pour tout le monde pareil.

Eh bien pour en avoir discuté avec beaucoup de personnes je peux vous dire que non ce n’est pas pour tout le monde pareil…. De nombreuses personnes autour de moi sont passionnés par ce qu’elles font, sont investies avec plaisir dans leur travail, comme je l’ai été pendant de nombreuses années dans le mien. Même si elles travaillent énormément !

Je vous le rappelle c’est un individu dans une organisation à une période donnée.

Tout le monde ne vit pas la même chose.

Dans la plupart des cas il est encore temps de réagir dès que vous pensez en faire trop. La prise de conscience est le premier pas vers un changement.

Dans d’autres cas, il faudra s’arrêter car il est déjà trop tard pour reculer, et là il est nécessaire d’aller consulter un spécialiste.

Trois signes doivent vous alerter : une grande fatigue qui ne se règle pas avec quelques bonnes nuits de sommeil, une grande démotivation et surtout la prise de boosters d’énergie pour tenir.

Tout le monde ne réagit pas de la même façon face à une situation.

Alors que faire ?

Si vous avez quelques-uns des signaux d’alerte décrits je vous invite à prendre un RDV avec vous sur votre agenda pour vous poser.

Oui avec vous !

Vous offrir un café seul, aller vous balader, prendre un papier et un crayon pour réfléchir bref ce que vous voulez tant que c’est seul, et au calme.

Soyez honnête avec vous pour vous demander si vous allez vraiment bien, et si votre travail vous plait toujours autant.

Avoir une sorte de RDV Qualité de vie au Travail avec vous rien que pour vous.

Si après ce RDV vous vous dites que vous allez trop loin vous pouvez décider de vous prendre en main, et d’en parler.

Si vous ne réussissez pas à caler le RDV avec vous, c’est un gros signe que vous allez déjà un peu trop loin.

Le burn-out n’est pas une fatalité, on peut si on sent que l’on va trop loin se faire accompagner pour se poser les bonnes questions.

80 % des personnes en burn-out qui ont été diagnostiqués tôt peuvent reprendre le chemin du travail.

Pour les autres cela peut conduire  une invalidité qui termine ce long parcours de remise sur pied.

Il y a de nombreuses personnes qui peuvent vous aider dans vos réflexions.

La première de toute n’est pas un ami, même si vos proches peuvent aussi vous confirmer quelques changements dans votre attitude le plus souvent ils vous diront ne t’inquiète pas ça va aller… Nous sommes tous pareils tu sais …. La vie est dure pour tout le monde…

Oui certes elle n’est pas toujours simple, surtout avec tout ce qu’on voit tous les jours dans les médias etc. Mais là on parle de vous, et pas des autres.

Suivant l’étape où vous en êtes cela peut commencer en interne, par une bonne discussion avec votre manager, ou votre service RH ou le n+2, si votre n+1 n’est pas à l’écoute, nous sommes plutôt au niveau de la phase 2 décrite ci-dessus.

Souvent on n’ose pas dire ce qui nous dérange, pourtant l’exprimer permet le plus souvent de trouver soi-même une solution…. Que l’autre personne ait une solution à nous proposer, vous permettre d’accepter la situation plus facilement, ou prendre la décision d’en changer.

A partir de la phase 3, c’est votre médecin généraliste qui normalement vous connait bien, qui pourra vous aider. Hormis si cela fait plusieurs années que vous ne lui avez pas rendu visite par manque de temps, ou parce que vous n’avez jamais besoin de le voir car jamais malade … Vous vous débrouillez toujours très bien tout seul.

Après il faut savoir lui expliquer clairement les signes qui vous inquiètent : sommeil, stimulants que vous prenez pour tenir (sans lui mentir… sans minimiser les quantités), fatigue insurmontable, les temps de repos toujours insuffisants pour vous requinquer etc. S’il est inquiet il vous dirigera vers un spécialiste pour vérifier votre état, il vous conseillera peut-être d’en parler à votre médecin du travail, ou il vous arrêtera quelques jours.

Là un conseil ne déchirez pas l’arrêt de travail : il peut vous sauver !

C’est souvent là que les choses se jouent…. Qu’on va trop loin : on continue car le médecin n’a pas su nous dire de quoi on souffrait…. Trop tôt pour parler de burn-out… « burn in » peut-être mais ce mot n’existe pas encore vraiment !

Dans l’environnement de l’entreprise vous pouvez vous orienter vers le Service de santé : le médecin du travail peut vous recevoir sur demande, il est tenu à la confidentialité, donc vous pouvez lui exprimer vos doutes, lui saura s’il y a d’autres personnes dans le même cas que vous dans l’entreprise… donc pourra vous apporter l’aide nécessaire.

Les membres du CHSCT (enfin maintenant la commission santé du CSE), des membres du RSE, des délégués du personnel peuvent aussi vous écouter et vous conseiller, dans votre entreprise vous avez normalement un référent santé sécurité qui est à votre écoute, formé pour vous soutenir, ou pour vous indiquer qui peut le faire.

Hors entreprise, il y a aussi de nombreuses personnes prêtes à vous accompagner, j’en fais partie et en connais d’autres aussi !

Je ne saurais trop vous conseiller de voir dans tous les cas un spécialiste , psychiatre, psychologue, thérapeute spécialisé burn-out. Il vous aidera à exprimer vos doutes, et à trouver vous-même des solutions. Avec son soutien et votre travail vous mettrez en place certains changements de comportements qui pourront changer vos perceptions, et vous faire revenir dans le bon chemin.

C’est lui qui sera le plus à même de vous établir un diagnostic de ce que vous traversez.

Le mot « burn-out » est souvent utilisé à tort, parfois c’est une autre pathologie moins grave.

Pouvoir mettre des mots sur les maux que l’on traverse au plus tôt peut éviter de long mois de convalescence, n’hésitez pas à prendre un RDV avec moi pour en discuter.

Je le rappelle un burn-out touche un individu dans une certaine organisation. Il est important dans tous les cas de comprendre vraiment ce qui est touché au niveau de la personne pour continuer à travailler sereinement.

Plus le burn-out sera pris tardivement plus l’arrêt de travail qui sera à terme obligatoire, sera long. Il nécessitera dans certains cas une hospitalisation de plusieurs semaines.

Plus le retour au travail sera difficile, voire impossible.

  • Parfois il sera possible de reprendre au même poste avec des objectifs mieux définis, avec de nouveaux moyens, avec une meilleure acceptation de ce qui est.
  • Parfois il sera possible de reprendre à un autre poste, dans un autre département de l’entreprise.
  • Parfois il sera possible de trouver une organisation personnelle différente pour mieux organiser vie privée vie professionnelle….
  • Parfois il faudra changer d’entreprise, ou avoir un projet de reconversion à long terme à construire progressiovement

Il y a toujours des solutions à trouver avant d’aller trop loin.

Un burn-out pris trop tardivement vous obligera dans tous les cas à vous arrêter de longs mois, à comprendre ce qui n’a pas été vu, à vous remettre en question et souvent vous quitterez votre entreprise, alors pourquoi aller jusque-là !

Si vous avez des doutes, si vous ressentez une énorme fatigue, que vous êtes obligés de prendre des remontants de toute sorte pour tenir, et que vous ne comprenez plus pourquoi vous travaillez, il peut être bon de prendre quelques jours pour se reposer en premier lieu puis se poser quelques questions. Nous pouvons en parler ensemble.

Vous seul pouvez le faire. S’occuper de soi est un luxe qu’il est divin de s’offrir n’attendez pas qu’il soit trop tard pour réagir…

Le travail est bon pour la santé quand on comprend pourquoi on le fait, et que l’on sait maintenir, ou se reconnecter à notre motivation : chacun la sienne !

En se posant quelques questions il est possible d’allier réussite et santé.

Je vous invite à découvrir pour y réfléchir ce conte extrait du livre : « La grenouille ne savait pas qu’elle était cuite et autres leçons de vie d’Olivier Clerc »

Imaginez une marmite remplie d’eau froide dans laquelle nage tranquillement une grenouille. Le feu est allumé sous la marmite. L’eau chauffe doucement. Elle est bientôt tiède. La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue de nager.

La température commence à grimper. L’eau est chaude. C’est un plus que n’apprécie pas particulièrement la grenouille mais elle ne s’affole pas pour autant, surtout que la chaleur tend à la fatiguer et l’engourdir.

L’eau est vraiment chaude maintenant. La grenouille commence à trouver cela désagréable mais elle est affaiblie. Alors elle supporte, elle s’efforce de s’adapter et ne fait rien.

La température de l’eau continue ainsi de monter progressivement, sans changement brusque, jusqu’au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire, sans jamais s’extraire de la marmite.

Si elle était plongée d’un coup dans une marmite d’eau bouillante, la grenouille donnerait immédiatement un coup de patte salutaire et se retrouverait dehors.’

A méditer,

Prenez soin de vous car vous seul pouvez le faire.

Belle journée à tous,

Virginie Lemaire

Manage & Vous

PS : il existe des outils d’évaluation sérieux pour savoir où vous en êtes développés par des spécialistes, n’hésitez pas à revenir vers moi si vous voulez en savoir plus.

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