Changer ses habitudes professionnelles : pourquoi la patience est la clé

Dans les formations que j’anime, beaucoup espèrent repartir avec un outil qu’ils pourront appliquer immédiatement, sans effort. Je dois souvent les décevoir : je ne suis pas une fée Clochette, et il n’existe pas de poudre magique qui transforme nos habitudes en un claquement de doigts.

Le vrai changement prend du temps. Et c’est normal.


Un parcours en quatre étapes

Apprendre à changer un comportement, c’est comme apprendre une nouvelle compétence, avec ses phases bien connues :

  1. Incompétence inconsciente : on ne sait pas qu’on ne sait pas. On agit sans conscience.
  2. Incompétence consciente : on réalise qu’il y a un problème, mais on ne sait pas encore comment faire autrement. C’est souvent la phase la plus frustrante.
  3. Compétence consciente : on apprend, on expérimente, on fait un effort pour changer. On est encore très vigilant.
  4. Compétence inconsciente : la nouvelle habitude devient automatique, un geste naturel.

Pourquoi ça prend du temps ?

Prenons l’exemple du développement de l’assertivité. S’affirmer, poser ses limites, et exprimer ses besoins n’est pas inné pour tout le monde. Cela demande d’abord de reconnaître ses difficultés, puis d’apprendre des techniques, de les pratiquer, parfois dans des situations inconfortables, avant que ce comportement devienne naturel. C’est un chemin avec des essais, des erreurs, des découvertes progressives.

Comme lorsque vous souhaitez mettre en place une nouvelle organisation dans votre travail, cela demande d’abord de comprendre votre tendance à surcharger votre agenda et d’identifier ce qui vous pose le plus de problème, par exemple la gestion des imprévus. Ensuite, il s’agit d’expérimenter en réservant un créneau dédié aux imprévus, d’observer ce qui fonctionne ou pas, et d’ajuster progressivement. Ce processus peut susciter des résistances internes, comme la peur de perdre du temps, ou externes, liées aux habitudes de l’équipe, ce qui nécessite de la patience et de la bienveillance envers soi-même.

De même pour l’exemple de la respiration. Respirez-vous bien, vraiment ? Souvent, face au stress ou aux difficultés, notre respiration se dérègle. Reprogrammer ce geste vital demande d’abord de l’observer, puis d’expérimenter d’autres façons, de ressentir les changements, de s’entraîner, avant que cela redevienne naturel.


Le droit à l’erreur, un moteur essentiel

Faire des erreurs fait partie du chemin. Chaque écart est une occasion d’analyser, de comprendre, de repartir avec plus de conscience et de force.


La confiance en soi : le fil rouge du changement

À chaque étape de ce parcours, notre confiance en nous se construit et se renforce. Prendre conscience de ses limites sans jugement, c’est s’autoriser à expérimenter de nouvelles façons d’agir, et réussir même de petits progrès. Cela génère progressivement un sentiment de compétence et d’autonomie.

Cette confiance renouvelée devient un moteur puissant, qui nous encourage à poursuivre le changement avec plus d’aisance et de sérénité.

Chaque essai compte : C’est en se plantant que l’on sème des graines pour grandir !


En conclusion

Changer durablement, c’est accepter un chemin progressif où chaque petit pas compte. C’est valoriser la prise de conscience avant l’action, accueillir la difficulté sans jugement, et persévérer avec confiance.

Ce message, je le partage souvent en formation, car c’est la clé pour éviter la frustration et construire un vrai changement.

Et vu que j’aime bien les histoires je vous partage celle des 5 chapitres, issu du programme MBSR que je m’étais offert il y a quelques années pour apprendre à devenir plus présente.

Cinq chapitres

1

Je marche le long d’une rue

Il y a un grand trou dans le trottoir

Je tombe dedans

Je suis perdue…je ne sais pas quoi faire

Ça me prend une éternité pour m’en sortir.

2

Je déambule le long de la même rue

Il y a un grand trou dans le trottoir

Je fais semblant de ne pas le voir

Je tombe dedans encore une fois

Je ne peux pas croire que je me retrouve dans le même pétrin

Mais ce n’est pas de ma faute

Ça me prend encore un bon moment avant de m’en sortir.

3

Je redescends la même rue

Il y a toujours un grand trou dans le trottoir

J’ai conscience qu’il est là

Je tombe dedans quand même…par habitude

Je vois clair

Je sais où je suis

C’est de ma faute

Je me sors de là aussitôt.

4

Je marche le long de la même rue

Il y a un trou dans le trottoir

Je le contourne.

5

Je prends une autre rue.

Source : Portia Nelson…

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